MOHAMED BOUROUISSA – 2011


RIP

« L’idée du titre m’est venue en voyant ces trois lettres sur une banderole de supporters. « R.I.P. » est l’abréviation de rest in peace en langue anglaise, qui signifie « repose en paix ». Le verbe « to rip », quant à lui, signifie « déchirer ». Une même écriture, un même signe, les mêmes lettres renvoyaient alors à deux sens différents. Deux références distinctes se rejoignaient en une forme semblable, une même sonorité. Le mot « RIP » traduit l’ensemble de ma démarche dans ce projet. Je cherchais, d’un point de vue formel, à faire se rencontrer des signes puis laissais advenir leurs similitudes, ou leurs dissemblances. Des papiers, manipulés, froissés, brandis, supportés, déchirés, jetés, apparaissaient dès lors comme les objets incarnant ces passerelles entre les turfistes et les supporters. C’est par la production de ces objets formels qu’un pont linguistique s’est construit au-dessus de deux univers. L’observation de ces mouvements de papiers m’a amené à explorer des mécaniques communes, deux manières de concevoir le collectif et l’individu. J’ai essayé de rendre cette mécanique visible. »

Mohamed Bourouissa

À PROPOS DE MOHAMED BOUROUISSA

Mohamed Bourouissa, né en 1978 à Blida en Algérie, vit et travaille à Paris.

Il obtient son DEA en Arts plastiques à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, en 2004. Il est également diplômé de l’École nationale supérieure des arts décoratifs, spécialisation photographie.

Depuis 2002, il est régulièrement invité à participer à des expositions collectives. Son travail fut ainsi présenté au Festival de photographie de Lanzhou (Chine) en 2006. Depuis 2005, il s’inspire du quotidien des références picturales comme Le Caravage, Delacroix, Géricault, qu’il affectionne particulièrement, et photographiques comme Jeff Wall ou Philip-Lorca diCorcia, s’envisagent comme des tableaux d’allégories contemporaines ou de mythes urbains. Il est lauréat du prix Voies Off 2007, Arles. En 2012 Mohamed Bourouissa mène un grand projet avec le Pôle Emploi, l’Utopie d’August Sander, par lequel il propose à des chômeurs de « devenir un monument ». En 2013, il travaille avec la Monnaie de Paris et montre le film All-in pendant la Nuit Blanche.

Mohamed Bourouissa est représenté par la galerie Kamel Mennour à Paris.

www.mohamedbourouissa.com

MERCI À